Politique

Évasion de Fabrice Vavemi : L’ex-directeur de campagne d’Ateki accuse son avocat de complicité

Fabrice Vavemi, ancien directeur de campagne du candidat présidentiel Ateki Caxton Seta, s’est évadé de la prison centrale de New-Bell le jeudi 12 décembre 2025, rapportent plusieurs sources concordantes à Esbi média.

L’évasion serait survenue alors que le détenu revenait d’une présentation devant le parquet. Détenu depuis le 5 novembre sous mandat de dépôt, Vavemi faisait face à des accusations de faux, usage de faux et falsification de procès-verbaux électoraux liés aux élections régionales.

Cette fuite soulève de sérieuses questions sur les défaillances du système pénitentiaire camerounais, particulièrement dans un contexte politique déjà extrêmement tendu. Les autorités judiciaires et les forces de sécurité ont immédiatement lancé une opération de recherche à grande échelle.

Accusations depuis la clandestinité

Dans un revirement spectaculaire, Fabrice Vavemi a rompu le silence ce mardi soir depuis un lieu non divulgué. À travers une publication sur Facebook, l’évadé formule de graves accusations contre son propre conseil, Maître Richard Tamfu.

Le ton est virulent. Vavemi dénonce ce qu’il qualifie de complot visant à le neutraliser définitivement. Il accuse notamment l’administration pénitentiaire d’extorsion, affirmant avoir versé 1,5 million de francs CFA contre une promesse de permission de sortie qui s’est transformée en piège.

Selon ses déclarations, cinq jours après ce paiement, il aurait été rappelé sous un faux prétexte avant d’être réincarcéré. Ses demandes d’explication auraient été accueillies par un silence total de la part des autorités pénitentiaires.

Le point le plus explosif de ces révélations concerne directement Maître Richard Tamfu. Vavemi l’accuse ouvertement de complicité avec le système judiciaire et d’avoir œuvré pour prolonger sa détention à des fins politiques personnelles.

“Tamfu Richard est complice. Méfiez-vous de lui. Il est du côté du système”, déclare l’évadé dans son message. Il va plus loin en avertissant : “S’il m’arrive quelque chose, ce sera à cause de lui.”

Ces accusations jettent une lumière crue sur les pratiques de certains acteurs du système judiciaire et soulèvent des interrogations sur l’intégrité professionnelle dans les affaires politiquement sensibles. Pour Maître Tamfu, figure pourtant reconnue pour son engagement dans les causes sociales, ces allégations représentent une atteinte grave à sa réputation.

Vavemi affirme avoir organisé son évasion grâce à un “réseau de renseignement” impliquant des complices au sein même de l’administration pénitentiaire ainsi que des policiers corrompus. Ces déclarations, si elles s’avéraient exactes, révéleraient une compromission profonde des institutions censées garantir la sécurité et la justice.

L’évadé se présente comme la victime d’un complot politique destiné à le faire taire, voire à le faire disparaître physiquement. Il estime que son rôle dans la campagne électorale d’Ateki Caxton Seta et sa connaissance de certains dossiers sensibles auraient fait de lui une cible à éliminer.

Le dossier initial de Fabrice Vavemi, déjà hautement médiatisé en raison de son lien avec les élections régionales et la falsification présumée de procès-verbaux, prend désormais une dimension supplémentaire. L’évasion elle-même soulève des questions essentielles :

– Qui a facilité cette fuite ?
– Vavemi a-t-il agi seul ou bénéficié de complicités au plus haut niveau ?
– Jusqu’où remontent les ramifications de cette affaire ?
– Les accusations contre l’avocat sont-elles fondées ou relèvent-elles d’une stratégie de diversion ?

Impunité

Cette affaire relance avec force le débat sur l’impunité dans le système politico-judiciaire camerounais. Elle met en lumière les liens troubles entre politique, justice et argent, particulièrement dans le contexte des contentieux électoraux.

Les révélations de Vavemi concernant la corruption au sein de l’administration pénitentiaire et les accusations portées contre un avocat de renom illustrent les dysfonctionnements profonds qui minent la confiance des citoyens dans leurs institutions.

Les autorités n’ont pas encore réagi officiellement aux accusations formulées par l’évadé. Maître Richard Tamfu, directement mis en cause, n’a pas davantage pris la parole publiquement pour répondre à ces allégations.

L’affaire devrait néanmoins forcer les autorités à se positionner rapidement, tant les questions soulevées sont graves : corruption pénitentiaire, manipulation judiciaire, instrumentalisation politique de la justice.

Les prochains jours s’annoncent décisifs pour comprendre l’ampleur réelle de cette affaire qui, au-delà du cas individuel de Fabrice Vavemi, interroge le fonctionnement même du système judiciaire camerounais en période électorale.

Oudiar

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