Société

Un enfant de 10 ans torturé à mort pour 500 francs à Pouma

Un garçonnet d’environ 9 à 10 ans, élève d’une école de la ville de Pouma, a perdu la vie après avoir subi de multiples sévices infligés, selon les témoignages recueillis sur place, par sa propre grand-mère et son oncle maternel.
Les faits se seraient produit un samedi. L’enfant avait été envoyé faire une course pour acheter du riz. À son retour, il est accusé d’avoir détourné 500 francs CFA sur l’argent qui lui avait été confié. C’est cette accusation — cinq cents francs — qui aurait déclenché un véritable déchaînement de violence. Ce qui s’ensuivit ne peut être qualifié de simple correction. Des habitants de Pouma refusent catégoriquement ce mot. Pour eux, il s’agit de torture.
Des coups de fouet répétés, des violences physiques extrêmes, des sévices prolongés pendant des heures. Les images du corps du petit garçon, rapidement devenues virales dans plusieurs groupes et sur les téléphones à Pouma, ont provoqué un choc profond dans l’opinion locale. Son dos, selon des témoins qui ont vu ces images, était couvert de plaies ouvertes, de cicatrices fraîches, de traces de coups d’une violence telle que beaucoup affirment n’avoir jamais rien vu de comparable sur un enfant.
« Un jour, si rien n’est fait, vous risquez de revenir récupérer le corps sans vie de votre enfant », le psychologue scolaire, s’adressant à la mère de l’enfant, selon des sources locales
Signaux
Ce qui rend cette affaire encore plus révoltante, c’est que ce drame aurait pu, selon plusieurs sources concordantes, être évité bien avant. Car les violences que subissait ce petit garçon ne dataient pas de ce samedi fatal. Des camarades de l’enfant auraient à plusieurs reprises alerté le psychologue de l’établissement scolaire sur les maltraitances que leur ami subissait à la maison.
Selon les témoignages qui circulent avec insistance à Pouma, ce professionnel aurait pris contact à plusieurs reprises avec la mère de l’enfant, domiciliée à Douala, pour lui demander de venir récupérer son fils. Il lui aurait explicitement indiqué que l’enfant était maltraité, torturé, et en danger permanent dans ce foyer. Il l’aurait même prévenue que si rien n’était fait, elle pourrait un jour revenir récupérer non pas un enfant vivant, mais un corps sans vie.
Réconciliation
Derrière ce drame se profile une histoire familiale particulièrement douloureuse. La mère de l’enfant et sa propre mère — donc la grand-mère du garçon — entretenaient depuis plus de dix ans une relation conflictuelle. Les deux femmes avaient longtemps rompu tout contact. Mais sous la pression de proches souhaitant une réconciliation, elles s’étaient rapprochées récemment. Convaincue que les tensions étaient désormais apaisées, la mère avait alors décidé de confier son fils à sa grand-mère à Pouma.
C’est cette décision qui, aujourd’hui, plonge des proches et des voisins dans l’incompréhension et le deuil.
Arrivé mort à l’hôpital
Après les violences, l’enfant aurait perdu connaissance. Sa grand-mère et son oncle l’auraient alors transporté à l’hôpital dans un état critique. Sur place, le médecin n’aurait pu que constater le décès. Certains témoins affirment que le petit garçon était déjà mort avant d’y parvenir.
Des voisins le décrivaient comme un enfant calme, réservé, et souvent apeuré. Un enfant qui, selon plusieurs personnes, lançait depuis longtemps des appels au secours que personne n’a réussi à transformer en protection concrète.
Colère et arrestations
Depuis l’annonce de la mort de l’enfant, la colère est palpable à Pouma. Les personnes citées dans l’affaire auraient été interpellées et entendues par les enquêteurs, et plusieurs voisins auraient également été auditionnés. Mais pour une grande partie de la population, cela ne suffit pas. Des habitants réclament une enquête approfondie et des sanctions exemplaires, dénonçant à la fois la barbarie des actes et le silence qui a longtemps entouré les souffrances de ce garçon.
À Pouma, c’est l’image d’un enfant de 10 ans — livré à la violence quotidienne, non entendu, non protégé — qui hante désormais les consciences. L’enquête est en cours.
Oudiar

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