Un incident a secoué le quartier Ekangte-Mbeng à Nkongsamba, chef-lieu du département du Moungo dans la région du Littoral, dans la journée du 25 novembre 2025. Une femme revenant de ses activités champêtres a failli perdre la vie sous les coups d’une foule en colère, après avoir été faussement accusée d’avoir métamorphosé des enfants en volailles par des moyens mystiques.
Mauvaise interprétation
L’origine du drame réside dans un incident banal. Alors que la dame marchait le long d’une route, un sachet plastique lui échappe des mains. Elle sollicite alors l’aide d’un enfant présent pour le récupérer. C’est ce moment précis qui va basculer dans l’absurde.
Un individu observant la situation depuis une certaine distance détourne brièvement le regard. Lorsqu’il regarde à nouveau, il ne voit plus les enfants mais aperçoit des poules dans les environs. Persuadé d’être témoin d’un acte de sorcellerie, il lance immédiatement l’alerte.
L’escalade de la violence
La rumeur se propage à une vitesse fulgurante dans le voisinage. En quelques instants, une foule considérable se rassemble, convaincue d’avoir identifié une personne pratiquant la sorcellerie. La situation dégénère rapidement en agression collective. La malheureuse victime subit des violences physiques intenses, est couverte d’insultes et malmenée par des habitants persuadés de sa culpabilité.
L’intervention salvatrice des forces de l’ordre et des services de secours du 2ᵉ arrondissement de Nkongsamba s’est avérée déterminante. Les gendarmes et sapeurs-pompiers d’Ekangte parviennent à extraire la femme de cette situation périlleuse et la conduisent en lieu sûr à la brigade. Néanmoins, des dizaines de personnes continuent d’encercler les installations des forces de l’ordre, réclamant des comptes.
Vérité rétablie
Une vérification immédiate des faits par les autorités compétentes a rapidement démenti l’accusation. Aucun enfant n’avait disparu, aucune transformation surnaturelle n’avait eu lieu. L’histoire était entièrement fondée sur une méprise, amplifiée par les croyances collectives et l’absence de vérification. Les forces de sécurité ont réussi à rétablir l’ordre autour de la brigade d’Ekangte après avoir exposé la réalité des faits.
Cet événement remet en lumière une question préoccupante qui touche plusieurs communautés camerounaises : le poids des superstitions et les conséquences tragiques de la justice expéditive. Dans une société où les croyances mystiques demeurent profondément ancrées, des personnes innocentes continuent de subir des violences brutales basées sur des informations erronées ou de simples incompréhensions.
Les autorités ont souligné les risques considérables liés aux accusations infondées et ont appelé à la prudence. Ce drame évité de justesse démontre l’urgence d’une sensibilisation accrue des populations sur les dangers mortels de la vindicte populaire et de la stigmatisation.
Il appartient désormais aux responsables administratifs, aux autorités traditionnelles, aux leaders d’opinion et aux acteurs de l’éducation de renforcer les campagnes de sensibilisation. L’objectif doit être de promouvoir la vérification des informations, le recours aux procédures légales et le respect de la présomption d’innocence. Une société moderne ne peut progresser qu’en protégeant ses membres les plus vulnérables contre les rumeurs destructrices et l’obscurantisme.
À Nkongsamba, cette journée du 25 novembre aurait pu se terminer en tragédie. La rapidité d’intervention des forces de sécurité a permis d’éviter l’irréparable. Mais combien d’autres personnes n’auront pas cette chance si les mentalités ne changent pas ?
Oudiar
Nkongsamba, une mère de famille échappe au lynchage après une fausse accusation de sorcellerie

