Le drame s’est noué dans le quartier Nkomo à Yaoundé. Charlotte Meye, 35 ans et déjà mère de plusieurs enfants, a perdu la vie il y a quelques semaines en voulant interrompre une grossesse de 6 mois. Son corps, en état avancé de décomposition, a été retrouvé abandonné dans une rivière à Soa.
De centre de santé en centre de santé, une issue fatale
Il y a 20 jours, enceinte de 6 mois, Charlotte Meye se rend dans un premier centre de santé pour pratiquer une IVG. Des comprimés lui sont administrés. Mais l’effet escompté est nul. Le fœtus résiste.
Face à l’échec, elle décide de se rendre dans un second centre de santé. C’est là que tout bascule. Se sentant mal, elle prend la direction de l’hôpital. Un SOS sera même lancé sur les réseaux sociaux pour tenter de la retrouver.
Selon les témoignages recueillis, c’est dans ce deuxième établissement qu’elle va “passer de vie à trépas”.
Le corps abandonné, les suspects interpellés
Après sa disparition, son corps est retrouvé quelques semaines plus tard dans une rivière à Soa, dans un état avancé de putréfaction.
Grâce au travail des enquêteurs, deux personnes ont été identifiées et interpellées. Il s’agit du transporteur du corps, M. Dongmo Alain Bruno, et du gérant du second centre de santé, M. Takougang Kamdjo, alias « Docta », présenté comme un “tueur de fœtus”. Les responsables du premier centre de santé ont également été arrêtés. Ceux du deuxième centre sont, eux, toujours en fuite.
Des orphelins qui réclament leur mère
Aujourd’hui, c’est la famille qui pleure. Les enfants de Charlotte Meye demandent à voir leur mère. Son corps a déjà été mis en terre après sa découverte.
Ce fait divers relance le débat sur les avortements clandestins au Cameroun, où l’IVG reste illégale sauf cas précis. Faute d’encadrement médical légal et sécurisé, de nombreuses femmes se tournent vers des circuits dangereux, avec des conséquences parfois tragiques.
Oudiar

