L’armée camerounaise est en deuil. Le Général de Division en deuxième section Nkoa Atenga Camille s’est éteint ce mardi 10 mars 2026, dans l’après-midi, au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Yaoundé, des suites de maladie. Il avait 85 ans.
La nouvelle a été rendue publique par voie de communiqué officiel. Le communiqué N° 001622/CP/MINDEF/01, signé par Joseph Beti Assomo, Ministre Délégué à la Présidence chargé de la Défense, confirme le décès et précise que le programme des obsèques « sera communiqué en temps opportun ». Le Chef de l’État, Chef des Forces Armées, a transmis ses « profondes condoléances » à la famille de l’illustre et valeureux disparu.
Parcours
Né le 3 août 1940 à Okola, dans le département de la Lékié (région du Centre), Camille Nkoa Atenga a consacré sa vie au service de la Nation, avant de s’illustrer également dans les lettres.
Après des études primaires à la mission catholique de Nlong, il poursuit sa formation secondaire au Collège Vogt de Yaoundé, puis au Lycée Joss de Douala, où il décroche son baccalauréat en 1961. La même année, il intègre l’École Militaire Interarmes (EMIA), au sein de la promotion « Réunification » — une promotion symbolique, en cette période charnière de l’histoire nationale.
À la sortie de l’EMIA, sa carrière militaire prend rapidement son essor : chef de section, puis commandant de compagnie, il devient commandant de bataillon à Buea. En 1973, il est nommé chef de division de la formation à l’EMIA avant d’exercer les fonctions de chef du Secrétariat militaire.
Le 5 février 1993, il est promu au grade de Général de brigade et prend le commandement de la Deuxième Région militaire basée à Douala. Sa carrière atteint son sommet le 25 septembre 2001, lorsqu’il est élevé au grade de Général de division. Depuis juillet 2025, il avait été placé en deuxième section, statut réservé aux officiers généraux admis à la retraite active.
Écrivain engagé
Au-delà de l’uniforme, le Général Nkoa Atenga était un intellectuel et un homme de lettres reconnu. Dès 1980, il publie Réflexion sur la stratégie de défense en Afrique, suivi en 1987 de L’Afrique face à la paix dans le monde — deux ouvrages témoignant de sa réflexion approfondie sur les enjeux géopolitiques du continent africain.
Sa contribution à la littérature camerounaise est tout aussi remarquable. Romancier prolifique, il a signé plusieurs œuvres de fiction, parmi lesquelles :
• L’Enfant de la révolte muette (1999)
• Malinda, l’amour sur fond de rêve brisé (2002)
• Le sorcier signe et persiste (2008)
• Betayen je te hais
• Kamerouna
Une œuvre littéraire qui le distingue comme l’une des figures singulières de l’armée camerounaise : celle d’un soldat qui portait aussi une plume.
Oudiar

