Le ministère américain de la Justice a annoncé l’arrestation de trois citoyens américains d’origine camerounaise, Claude N. Chi, Francis Chenyi et Lah Nestor Langmi. Ils sont accusés de financer des groupes armés séparatistes actifs dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, ils encourent de lourdes peines pour terrorisme.
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L’enquête fédérale révèle l’existence d’un dispositif élaboré de collecte de fonds sur le sol américain. Sous couvert d’œuvres humanitaires ou d’initiatives communautaires, les suspects auraient détourné des sommes considérables vers l’acquisition d’armes, de munitions et d’équipements militaires destinés aux milices séparatistes.
Les investigations mettent également au jour des pratiques encore plus inquiétantes : l’organisation ou la facilitation d’enlèvements contre rançon. Ces opérations ciblaient des membres de la diaspora et leurs familles restées au Cameroun, instaurant un climat de terreur au sein de la communauté camerounaise aux États-Unis.
Charges lourdes
Les accusations portées contre les trois inculpés relèvent de plusieurs législations anti-terroristes américaines. Si leur culpabilité est établie, ils risquent chacun plusieurs décennies d’emprisonnement en pénitencier fédéral. Visiblement Washington ne veut plus tolérer que son territoire serve de base arrière à des conflits armés étrangers.
Cette affaire s’inscrit dans une stratégie plus large des États-Unis visant à neutraliser l’implication de certains groupes diasporiques dans le financement de violences politiques en Afrique. Le message est sans équivoque : la liberté d’expression, garantie par la Constitution américaine, ne saurait justifier le soutien à des activités criminelles transnationales.
Pour les autorités camerounaises, régulièrement critiquées pour leur incapacité à endiguer les flux financiers alimentant l’insurrection anglophone, cette initiative américaine constitue un appui indirect. Elle ouvre la perspective d’une coopération renforcée entre les agences de sécurité des deux pays, notamment en matière de renseignement et d’extradition.
Nombreux sont les observateurs qui voient dans cette décision judiciaire un avertissement aux leaders séparatistes opérant depuis l’étranger. Longtemps protégés par l’éloignement géographique et les complexités juridiques internationales, ces acteurs découvrent que leur sanctuaire n’est plus inviolable.
L’affaire marque potentiellement un tournant dans la gestion internationale de la crise anglophone camerounaise. En criminalisant explicitement le soutien financier aux groupes armés, Washington pourrait inspirer d’autres pays occidentaux abritant d’importantes diasporas camerounaises à renforcer leur surveillance de ces réseaux.
Cette évolution intervient alors que le conflit dans les régions anglophones du Cameroun, qui a débuté en 2016, a fait des milliers de victimes et déplacé des centaines de milliers de personnes. La question du financement extérieur de l’insurrection reste centrale dans les tentatives de résolution du conflit.
Les trois suspects, Claude N. Chi – Francis Chenyi et Lah Nestor Langmi, doivent comparaître prochainement devant un tribunal fédéral américain.
Oudiar
Crise anglophone : Washington inculpe trois Américano-Camerounais pour financement du séparatisme armé

