Le Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), formation politique d’Issa Tchiroma Bakary, annonce officiellement qu’il ne participera pas aux prochaines élections tant que ce qu’ils appellent “la volonté du peuple” ne sera pas exécutée.
Dans un contexte de crise post-électorale, Issa Tchiroma Bakary, qui conteste les résultats de l’élection présidentielle d’octobre 2025, a annoncé par la voix de son porte-parole que son mouvement boycottera les élections régionales prévues pour le 30 novembre 2025.
Maître Alice Nkom, figure emblématique du barreau camerounais et défenseure historique de la dignité humaine, s’exprime désormais en tant que porte-parole officielle d’Issa Tchiroma Bakary. Dans un communiqué daté du 22 novembre 2025, elle affirme que le peuple camerounais a placé Issa Tchiroma Bakary à la tête de la nation et exige la reconnaissance de ce qu’il considère comme le véritable verdict des urnes.
Selon ce communiqué, aucun processus électoral ne peut être légitime tant que le président que les camerounais considèrent comme élu n’aura pas mis en œuvre ses réformes promises, notamment la refonte du code électoral et la réforme des institutions de contrôle comme ELECAM et le Conseil constitutionnel.
Élections régionales controversées
Les élections régionales sont prévues pour le 30 novembre 2025 dans les 58 départements du Cameroun, où 900 conseillers régionaux seront élus au scrutin majoritaire plurinominal à un tour pour cinq ans. Il s’agit des deuxièmes élections régionales de l’histoire du pays, les premières ayant eu lieu en 2020.
Le porte-parole d’ISSA Tchiroma critique vertement ce scrutin, affirmant que “les conseillers régionaux actuels et la manière dont ils sont élus ne correspondent pas à la volonté d’autonomie demandée par le peuple”. Selon le communiqué, ces élections n’auraient “aucune signification durable” et ne seraient qu’une “démonstration de la raison pour laquelle nous devons défendre la volonté du peuple souverain”.
Le boycott annoncé des élections régionales par le FSNC démontre une fois de plus la profondeur de la crise politique que traverse le Cameroun, où deux visions diamétralement opposées de la légitimité s’affrontent, chacune revendiquant représenter la volonté populaire.
Oudiar

