Santé Société

Lutte contre le trafic de médicaments, importante saisie effectuée par les douanes à Douala

Durant une opération menée dans la nuit du 5 au 6 janvier 2026, les agents de la Zone I rattachés à l’Opération HALCOMI III ont intercepté une cargaison considérable de médicaments illégaux dans le quartier Akwa de Douala.
L’intervention s’est déroulée à proximité du fleuve Wouri, où les douaniers ont surpris des individus en train de charger trente et un colis dans un véhicule de transport. Ces produits pharmaceutiques ne disposaient d’aucune autorisation délivrée par les instances sanitaires compétentes.
Le contenu de la saisie s’avère particulièrement important : près de 947 000 comprimés, plus de 145 000 gélules et environ 28 000 doses injectables ont été confisqués
Fléau
Les estimations indiquent qu’environ un quart des médicaments commercialisés dans le pays proviennent de filières d’approvisionnement clandestines, communément désignées sous le terme de « médicaments de la rue ».
Ce phénomène, autrefois concentré dans les centres urbains, s’est progressivement étendu aux zones rurales où des points de vente informels se sont multipliés. L’Ordre national des pharmaciens du Cameroun (Onpc) classe ces produits en trois catégories : les médicaments falsifiés, les contrefaçons et les produits authentiques détournés des circuits de distribution officiels.
D’après les données professionnelles, plus d’un quart du marché pharmaceutique national est alimenté par ces réseaux illégaux, dont 40% des produits entrent sur le territoire par la contrebande.
Réseau complexe
L’Onpc souligne que ce commerce parallèle implique différents professionnels du secteur sanitaire : praticiens de la pharmacie, représentants commerciaux pharmaceutiques, médecins, établissements d’analyses médicales et entreprises de distribution.
Ce trafic a des répercussions économiques considérables. Le secteur pharmaceutique légitime souffre de cette concurrence déloyale, entraînant la fermeture de nombreuses officines. Parallèlement, les importations légales de médicaments représentent un investissement annuel d’au moins 100 milliards de francs CFA.
Efforts insuffisants
Malgré les multiples campagnes conjointes menées par le ministère de la Santé publique, l’ordre professionnel des pharmaciens et les forces de l’ordre, les résultats demeurent limités. Le phénomène continue de s’amplifier, avec la prolifération des vendeurs ambulants, localement appelés « Docta ».
Ce qui commençait par la vente de médicaments courants comme les analgésiques et autres produits génériques s’est transformé en un commerce étendu, sans considération pour les risques sanitaires encourus par la population.
Oudiar

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