Le diocèse de Bamenda traverse une épreuve majeure depuis la disparition du père John Berinyuy, maintenu en captivité par des groupes armés indépendantistes. Face à cette situation dramatique, les autorités ecclésiastiques adoptent une position ferme tout en mobilisant les fidèles.
Le 15 novembre 2025, le père John Berinyuy et son accompagnateur ont été interceptés à Baba I alors qu’ils revenaient d’une célébration inaugurale célébrée à Ndop. Le prêtre, qui exerce son ministère dans la paroisse de Babessi, se trouve depuis lors aux mains de combattants revendiquant l’indépendance de l'”Ambazonie”, mouvement séparatiste actif dans les régions anglophones du Cameroun.
Des efforts de médiation ont été entrepris, impliquant quatre membres du clergé et un membre laïc de la communauté chrétienne. Cependant, ces initiatives n’ont abouti qu’à une libération partielle : le 20 novembre, les ravisseurs ont relâché les cinq médiateurs ecclésiastiques ainsi que le laïc, tout en maintenant le père John en détention.
Principe
Les preneurs d’otages conditionnent désormais la libération du religieux au versement d’une somme d’argent. Face à cette demande, l’archevêque de Bamenda a exprimé une position sans équivoque lors d’une communication officielle : l’institution religieuse refuse catégoriquement de céder à ce type de pression financière.
L’archevêque considère cette affaire comme une agression non seulement contre un individu, mais également contre les valeurs fondamentales de foi et de dignité humaine défendues par la communauté chrétienne.
Mobilisation spirituelle
Plutôt que de négocier financièrement, le diocèse a opté pour une stratégie de mobilisation spirituelle. Depuis le dimanche 23 novembre, l’ensemble des fidèles du territoire diocésain sont invités à participer à une campagne de prières spécifiques. Après chaque célébration eucharistique, lors du moment suivant la communion, les paroissiens sont appelés à réciter l’invocation à Saint Michel Archange, en intention particulière pour la libération du prêtre retenu.
L’archevêque présente cette démarche comme l’expression d’une détermination collective à ne pas se laisser intimider.
Au-delà de la dimension religieuse, les responsables ecclésiaux appellent à une prise de conscience plus large. Ils souhaitent attirer l’attention des instances nationales et des organisations internationales sur la persistance de ces actes de violence dans les zones affectées par le conflit anglophone.
L’archidiocèse souligne que cette situation ne concerne pas uniquement un membre du clergé, mais témoigne d’un climat d’insécurité qui affecte l’ensemble des populations civiles dans ces territoires. Les autorités religieuses espèrent que cette affaire suscitera une mobilisation en faveur du rétablissement de la paix et de la sécurité dans les régions concernées.
Cette épreuve met en lumière les défis permanents auxquels sont confrontées les communautés vivant dans les zones marquées par les tensions séparatistes, où les enlèvements et les violences continuent d’entraver la vie quotidienne et les activités religieuses. La libération du père John Berinyuy demeure une priorité pour le diocèse, qui maintient sa double stratégie : fermeté face aux exigences des ravisseurs et appel à la prière collective pour un dénouement pacifique de cette crise.
Oudiar

