Un nouveau drame ensanglante la capitale camerounaise. Jessica Ndzomo, employée municipale au service de l’état civil de la Communauté Urbaine de Yaoundé, a été sauvagement assassinée à son domicile du quartier Nkol Nda, dans les faubourgs de Yaoundé. Elle était enceinte à terme.
Barbarie
Les faits sont d’une violence glaçante. Les assaillants se sont introduits au domicile de la victime, l’auraient d’abord prise en otage, réclamant une rançon à sa famille. N’ayant pu obtenir satisfaction, ils ont alors commis l’irréparable : le corps sans vie de Jessica présente de nombreuses traces de coups de poignard. La jeune femme, enceinte jusqu’aux derniers jours, n’a eu aucune chance.
Ce qui rend ce crime encore plus insoutenable, c’est la présence d’un témoin impuissant et innocent : son fils de 3 ans. Le petit garçon, présent sur les lieux lors du meurtre de sa mère, a reçu un violent coup à la tête de la part des bourreaux. Il a survécu, mais se trouve actuellement en soins intensifs dans un hôpital de la capitale.
Portrait d’une femme ordinaire
Jessica Ndzomo était une femme comme tant d’autres, qui avait su se relever après les épreuves. Fille unique, divorcée d’un ex-mari devenu pasteur — face auquel elle avait obtenu gain de cause — elle avait retrouvé l’amour auprès d’un collègue de la mairie et reconstruit sa vie. Mère de quatre enfants, elle portait une grossesse à terme au moment du drame.
Jeudi encore, elle était à son poste à la Super Mairie de Yaoundé, consciencieusement penchée sur des registres de mariage, préparant les cérémonies prévues pour ce samedi. Elle ne verra jamais ces unions célébrées.
Tragédie
Le meurtre de Jessica Ndzomo n’est pas un fait isolé. Il vient s’ajouter à une longue et douloureuse liste de féminicides qui endeuillent le Cameroun. Semaine après semaine, des femmes perdent la vie dans des circonstances violentes, souvent au sein de leur environnement proche, parfois sous les yeux de leurs enfants.
La question s’impose avec une urgence criante : jusqu’où ira cette série noire ? Les associations de défense des droits des femmes, les autorités, la société civile, tous doivent désormais se saisir de ce phénomène avec la gravité qu’il mérite. Il ne s’agit plus de faits divers isolés, mais d’un problème systémique qui réclame des réponses concrètes : renforcement de la protection des femmes en situation de vulnérabilité, accompagnement des victimes de violences conjugales, et poursuites judiciaires implacables contre les auteurs de tels actes.
Au-delà du féminicide lui-même, le sort du petit garçon de 3 ans interpelle les consciences. Cet enfant qui a vu sa mère mourir, qui a lui-même failli perdre la vie, devra vivre avec ce traumatisme. Son état de santé reste préoccupant. On espère qu’il recevra, au-delà des soins physiques, le soutien psychologique dont il aura impérativement besoin.
Oudiar

