Dans la nuit de dimanche à lundi, un autocar de la compagnie Musango Bus Service a frôlé la catastrophe sur l’axe Nkongsamba-Buéa. Seul un palmier, dressé au bord du précipice, a évité le pire.
Il était environ 2 heures du matin quand le destin a basculé sur cette route sinueuse menant vers Buéa. Un bus bondé, quelque 70 passagers à bord, une nuit noire, et soudain — l’impensable. Un pneu éclate. Le chauffeur perd le contrôle. Le véhicule dévie dangereusement de sa trajectoire et s’engage dans une descente vertigineuse en direction d’un ravin. À l’intérieur, c’est la panique totale.
Entre la vie et le vide
L’autocar de la compagnie Musango Bus Service effectuait le trajet Bafoussam-Buéa lorsque le drame a failli se produire. Selon les premiers témoignages recueillis sur place, tout est allé très vite. L’éclatement du pneu, la perte de maîtrise du volant, puis la course folle du bus vers le précipice — quelques secondes à peine pour basculer de la routine du voyage à l’horreur.
Mais la nature, cette nuit-là, a choisi de protéger.
Palmier, sentinelle inattendue
C’est un simple palmier, planté en bordure de la route, qui a mis fin à la course du véhicule. Cet arbre, dont personne n’avait jamais soupçonné le rôle de gardien, a littéralement arrêté le bus dans son élan meurtrier, l’empêchant de basculer dans le vide. Une présence anodine, devenue en une fraction de seconde le rempart entre soixante-dix vies et une catastrophe nationale.
Les habitants de la région et les rescapés n’ont pas manqué de souligner l’aspect quasi miraculeux de la situation. Un palmier au bon endroit, au bon moment.
Tous sains et saufs, sous le choc
Les secours, rapidement dépêchés sur les lieux, ont procédé à l’évacuation méthodique de l’ensemble des passagers. Le bilan, extraordinairement clément au regard des circonstances, ne fait état d’aucun décès et d’aucun blessé grave. Une issue que peu auraient osé espérer en découvrant la scène.
Nombreux sont cependant ceux qui ont quitté les lieux sous le choc, le traumatisme psychologique de ces quelques secondes de terreur bien gravé dans les mémoires. Certains voyageurs, selon des témoins, étaient encore tremblants bien après l’évacuation du bus.
La Compagnie mobilisée pour la suite du voyage
La compagnie Musango Bus Service et les autorités locales ont pris en charge les passagers dans les heures qui ont suivi l’incident. Des solutions de transport alternatives ont été rapidement organisées afin de permettre à ceux qui le souhaitaient de poursuivre leur trajet vers Buéa, leur destination initiale.
Au-delà du miracle de cette nuit-là, cet incident relance une fois de plus le débat sur l’état des routes camerounaises et la sécurité des transports en commun. L’axe Nkongsamba-Buéa, comme beaucoup d’autres corridors de l’Ouest et du Sud-Ouest, est réputé pour ses virages périlleux et ses dénivelés importants, qui exigent des véhicules en parfait état et des chauffeurs vigilants.
L’éclatement d’un pneu, cause probable de cet accident, soulève des interrogations légitimes sur l’entretien des véhicules et les contrôles techniques auxquels ils sont soumis avant chaque départ.
Cette nuit à Nkongsamba, soixante-dix passagers ont eu la vie sauve grâce à un arbre. Demain, sur d’autres routes, d’autres voyageurs monteront à bord de cars surchargés, sur des pneus usés, dans l’espoir d’arriver à destination. La question reste entière : combien de temps encore avant qu’il n’y ait plus de palmier pour arrêter la chute ?
Oudiar

