Société

Obala, il égorge son ex-compagne pour l’avoir dénoncé à la police

Dans la nuit du 21 au 22 juillet 2024, au quartier Nkolbikok d’Obala, une jeune femme connue sous le surnom d’« Awa » a été sauvagement assassinée par son ex-compagnon. La victime avait eu le courage de le dénoncer à la police pour des faits de cambriolage. Un geste fatal qui lui a coûté la vie.
Une nuit de terreur à Nkolbikok
Il est aux alentours de minuit lorsque le quartier Nkolbikok, localité d’Obala dans la région du Centre, bascule dans l’horreur. Degodem Kodem, une jeune femme sans antécédents judiciaires que ses proches surnomment affectueusement « Awa », dort dans sa chambre. Elle ignore que son ex-compagnon rôde dans les parages, animé d’une rage froide et vengeresse.
L’homme, identifié sous le nom de Magadal Holdem, alias Zakari, s’introduit dans les lieux et s’en prend à la jeune femme avec une machette. Il lui ouvre la gorge alors qu’elle est encore couchée sur son lit, avant de prendre la fuite dans la nuit. Awa ne se réveillera pas.
C’est au petit matin que le drame est découvert. Le corps sans vie de la jeune femme gît dans sa chambre, baignant dans son sang. La stupeur gagne rapidement tout le quartier. Les regards se tournent aussitôt vers l’ancien compagnon, dont la relation avec la victime s’était terminée dans un contexte tendu.
« Elle avait osé parler. Elle avait fait ce que peu osent faire : dénoncer celui qui la menaçait. Ce courage lui a coûté la vie. » indique une source proche de l’enquête
La dénonciation, mobile du crime
L’enquête révèle rapidement les ressorts de ce crime. Awa aurait dénoncé aux autorités les activités criminelles de son ex-compagnon, notamment des faits de cambriolage. Une décision courageuse, mais qui l’a placée directement dans le viseur d’un homme à qui elle avait pourtant consacré une partie de sa vie.
Ce mobile, particulièrement révoltant, soulève une question de fond : comment protéger ceux et celles qui font le choix de témoigner contre leurs proches ? La mort d’Awa illustre tragiquement les risques réels auxquels s’exposent les victimes et témoins de violences ou d’actes délictueux lorsqu’ils franchissent le pas de la dénonciation.
Huit mois de cavale, puis les menottes
Après le meurtre, Magadal Holdem disparaît. Pendant plusieurs mois, les enquêteurs remontent sa piste. Ce n’est que le 19 mars 2025 — soit près de huit mois après les faits — que le fugitif est finalement interpellé. Ce jour-là, les autorités le présentent menotté à la presse locale, dans les locaux de l’hôtel de police d’Obala.
Suspecté d’être l’auteur de ce meurtre d’une rare sauvagerie, il est désormais entre les mains de la justice. Si sa culpabilité reste à établir devant un tribunal, les éléments recueillis lors de l’enquête semblent avoir convaincu les enquêteurs de sa responsabilité dans la mort de la jeune femme.
Un féminicide parmi d’autres, mais pas comme les autres
L’affaire Awa dépasse le simple fait divers. Elle met en lumière deux réalités qui se superposent : la violence post-séparation, qui constitue l’un des moments les plus dangereux dans la vie d’une femme victime de violences, et la vulnérabilité des témoins et dénonciateurs qui choisissent de coopérer avec la justice.
Awa avait tout fait « bien » : elle avait quitté un homme dangereux, elle avait alerté les autorités. Et pourtant. Son histoire rappelle avec douleur que sans mécanismes de protection robustes pour les victimes et les témoins, le silence reste, aux yeux de certains, la seule stratégie de survie. Un silence que la mort d’Awa doit contribuer, au contraire, à briser.
Oudiar

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